En intervenant régulièrement auprès des professionnels de l’accompagnement, et de plus en plus auprès des services des ressources humaines, Le PATIO formation a vu se développer l’importance donnée aux compétences relationnelles. Aujourd’hui, au-delà de l’effet tendance, on entend beaucoup parler des « Soft Skills » dans le champ de la formation et en entreprises. L’équipe de formateurs a été conviée à réfléchir sur la question lors d’un atelier de réflexion intitulé « compétences relationnelles et transformation numérique ».

Au cours de cet atelier – animé par Héléna Busson, formatrice au PATIO – l’équipe a partagé ses représentations sur la transformation numérique et ses réflexions sur les impacts de ce contexte en matière de besoins d’apprentissages et de développement de compétences, notamment relationnelles. Voici donc le positionnement de l’équipe du PATIO sur l’importance des dites « soft skills » pour faire face à et/ou accompagner la transformation numérique que l’on est en train de vivre dans tous les contextes du travail.

 

 Transformation numérique : quelles représentations partager ?

La réflexion a débuté par un brainstorming, sur le sujet de la transformation numérique et des compétences nécessaires au 21e siècle (non limitées aux seules « soft skills ») pour tenter de cerner les besoins en compétences à l’ère du numérique. Les participants ont ainsi échangé sur leurs représentations, à partir des images proposées par l’animatrice. Loin de la feuille blanche, en voici la synthèse sous forme de feuille verte symbolique.

 

 

Pour avancer dans la réflexion, il est cependant nécessaire de partager une même référence sur la notion de « compétence ».

 

Compétences relationnelles : de quoi parle-t-on ?

Une référence partagée par l’équipe du PATIO pour présenter la notion de compétence est celle proposée par Guy Le Boterf. Une compétence est la combinaison de différents types de savoirs et d’habiletés, dans une situation précise et un contexte donné. Les compétences se développent tant dans la sphère personnelle que professionnelle et ont un caractère dynamique : elles ne sont jamais définitivement acquises. Dit autrement, une compétence est un “savoir-agir” à partir de différents types de savoirs, dans une situation ou un contexte donné.

En matière de compétences, il est courant de voir le découpage suivant : savoirs (connaissances), savoir-faire, savoir-être. En suivant Guy le Boterf, on peut préciser les composantes de la compétence de la manière suivante :

  • les savoirs « connaissances » peuvent être précisés selon deux types de savoirs : savoirs théoriques (« savoir que… ») et savoirs procéduraux (savoir comment faire, savoir comment s’y prendre pour…) ;
  • les savoir-faire peuvent eux aussi être différenciés en savoir-faire procéduraux (passage du savoir procédural au savoir-faire, par l’expérience pratique et sous contrainte temporelle) et savoir-faire expérientiels (savoirs empiriques, de terrain, issus de la formation dite « sur le tas ») ;
  • les savoir-faire sociaux dits aussi savoir-faire relationnels ;

« ce sont les capacités d’adaptation sociale, la connaissance de règles du jeu relationnel, l’adhésion à un « état d’esprit », à une culture, à un projet, à des valeurs partagées dans l’organisation. Dans une acceptation large, on peut considérer que la socialisation professionnelle est constituée de l’ensemble de savoir-faire sociaux que sont les codes, les représentions sociales, les valeurs, les statuts, les attitudes relationnelles adaptées aux prescriptions sociales d’un groupe ou d’une culture particulière ? Parmi les savoir-faire sociaux, on classe : les comportements sociaux et professionnels (implication, résistance au stress, capacité d’adaptation, etc.), les attitudes relationnelles et de communication (écoute, coopération, négociation, argumentation, etc.), les attitudes éthiques (honnêteté intellectuelle, respect, etc.) »

extrait de l’ouvrage : Guide compétences, Editions Qui Plus Est

 

  • A ces trois types de savoirs, on ajoute les savoir-faire cognitifs : ce sont des opérations intellectuelles, non observables directement, intériorisées. Ces savoir-faire sont présents dans toutes les actions, qu’elles soient manuelles, intellectuelles, ou relationnelles.

 

  • Pour compléter ce tableau, on peut ajouter les méta-connaissances ou méta-compétences : ce sont les connaissances que le sujet a de ses propres savoirs et la conscience qu’il a de mobiliser tel ou tel savoir dans tel ou tel objectif et telle ou telle situation.

 

« soft skills » et compétences nécessaires à l’ère numérique

 

À partir de ce référentiel de compétences, nous avons donc inventorié ce qui nous paraît le plus essentiel à développer en matière de compétences au XXIe siècle.

Nous nous accordons à dire que l’enjeu principal est celui de la connaissance, autour de la phrase d’Edgar Morin [1] :

« Il faut apprendre à naviguer dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes » (Morin, 2000, p. 16)

 

L’équipe s’entend sur le fait que les compétences nécessaires au XXIe siècle sont un assemblage de savoir-agir (comportements et attitudes adaptés à la situation) ET de savoir-faire cognitifs (i.e. capacités d’observer, de percevoir, de combiner un ensemble de savoirs) pour répondre à ce qu’on a compris de la mission qui nous est confiée.

 

Finalement, les réflexions aboutissent à la proposition d’une liste possible de compétences nécessaires au 21e siècle, en gardant toujours à l’esprit que les compétences sont des capacités liées à un contexte :

  • Confiance en soi
  • Adaptabilité face à l’inconnu, capacité à faire face à/ faire avec l’incertitude
  • Humilité / capacité à se remettre en question
  • Communication interpersonnelle
  • Intelligence émotionnelle
  • Gestion du stress
  • Discernement / esprit critique / oser questionner
  • Intelligence de la situation
  • Traitement de l’information
  • Connaissance des processus décisionnels / capacité à décider, à choisir
  • Appréhension des risques / capacité à anticiper
  • Networking / réseautage
  • Consulter les autres / collaborer, coopérer
  • Apprivoiser la transformation numérique (démystifier, connaître les enjeux, dimensions techniques et complexité)

 

Enfin, il paraît important que les formateurs qui forment aux compétences relationnelles à l’ère du numérique soit eux-mêmes au clair vis-à-vis de leur rapport au numérique et aux outils numériques.

 

Cela nous amène à faire naturellement le lien avec la question de la formation à l’ère du numérique : les formateurs du PATIO ont également exploré récemment cette question… restez connectés, nous vous en rendrons compte très prochainement !

[1]« Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur » (Éditions du Seuil, 2000)